mardi 13 août 2013

Aller et retour... et vélo, vélo vélo.

Je sais! Je sais! Je n'écris pas souvent. Pardon. Si j'ai une excuse valable, c'est la qualité du Wifi ici, quasi inexistant. Ce n'est pas parce que je suis toujours avec Kai, qu'allez-vous imaginer là?
Bref, si la semaine dernière a été constituée de pas mal de flemme, dimanche 11 j'ai pris le vélo avec Kai pour aller en Finlande. En Finlande, comprendre, chez sa mère, et croyez-moi, c'est pas juste de l'autre côté de la frontière. (Techniquement si, mais en vélo ça prend bien trois quarts d'heure pour y aller.)

Mais.

J'ai donc hérité du vieux vélo de Kai, et même si je commence à m'habituer à sa taille ridicule, je ne me ferai jamais à la selle, dure comme du bois. 45mn aller et 45mn retour, sur une selle qui réduisait mon pauvre derrière en miettes. J'ai souffert.
Heureusement, à l'aller nous avons fait deux pauses, la première à Prisma (dernier magasin avant la sauvagerie d'une longue route sans rien autour) pour acheter des glaces, parce que le soleil tapait fort. La deuxième pause était inopinée mais satisfaisante, même si je n'ai pas compris tout de suite pourquoi Kai s'était arrêté en plein milieu de nulle part pour descendre de son vélo et fouiller les buissons, mais il m'a appelée et là, j'ai compris.


Kai : "Est-ce que tu sais comment ça s'appelle en finnois?"
Moi : "Eeeeeuuuuuuuh..."
Kai : "Tu connais le mot pour "forêt", mais est-ce que tu sais comment dire "fraise"?"
Moi : "Hmmm... Mansikka?"
Kai : "Maintenant mets ces deux mots ensemble."
Moi : *réflexion intense* "Oui mais je peux pas le prononcer."
En finnois, "metsämansikka". Pas la moindre idée ce que le pluriel peut être.
Comme quoi, je ne suis pas fichue de parler finnois, mais au moins je connais le mot pour "fraise des bois".
En Finlande (comme en Suède), il est tout à fait permis de s'arrêter au bord de la route pour manger les fraises des bois. En suédois, ça s'appelle "allemansrätt" et ça veux dire en gros que n'importe qui peut cueillir les fruits sauvages parce qu'on considère que la nature "appartient" à tout le monde. Et puis de toute façon, ce serait trop bête de laisser les fraises se gâter. Donc devinez ce qu'on a fait?
Et spécial dédicace pour ma maman, ils ont aussi ces fleurs-là ici :


Tu peux venir en Finlande maman, ils ont des coucous. Pour le coup, j'avais envie d'en cueillir mais je n'aurais pu les mettre nulle part, et puis ils auraient fâné sur mon vélo avant d'arriver...
Après l'épisode fraises des bois et quelques kilomètres de plus, Kai et moi sommes arrivés chez sa mère. Ari était dehors et avant qu'on ait pu rentrer, Maria est arrivée en voiture avec sa mère et son compagnon; le frère de Kai était avec eux. Le couple plus âgé n'a pas compris tout de suite que je ne parlais pas un mot de finnois (ou presque, parce que j'ai réussi à sortir un mot qui ressemblait assez à du finnois...), imaginez le comique de la situation. Un dialogue de sourds, parce que je répondais par réflexe en suédois, mais eux ne parlaient que le finnois. (Oui, le frère de Kai a lui aussi décidé de me parler en suédois, sauf qu'il parle nettement plus vite que Maria alors je galère.) Kai me parle toujours en anglais parce que c'est plus rapide, mais il a travaillé sur un de ses cosplays à peu près tout l'après-midi (sauf pendant la fika (pause café) et le repas du soir, délicieux d'ailleurs). 

Pendant que Kai se battait avec ses épées en bois, je suis allée avec son frère chez une tante qui habite à quelques 4 kilomètres de chez Maria. Nous avons pris les vélos, et Ari a eu pitié de moi en voyant que j'avais toujours la vieille selle sur le vélo de Kai; j'ai donc pu emprunter le vélo de Maria, qui évidemment était bien trop grand pour moi. C'était un peu dangereux  mais nettement plus confortable... Alexis m'avait proposé de venir parce qu'il s'occupe du chat en l'absence des occupants de la maison, c'est un chat de race qui vit comme un roi. J'avoue que l'animal est très beau (et très grand), mais je n'avais pas mon appareil photo avec moi pour vous montrer sa jolie bouille.
Enfin c'est un chat. Moi, je suis un lion. Ha ha!

Le même soir, Kai et moi sommes repartis en Suède, à vélo bien sûr, et en arrivant mon derrière était moulu. Il faut vraiment que je remplace cette selle, ou que je mette un coussin, bref que je fasse quelque chose pour ça parce que je ne peux pas continuer comme ça.
Le lendemain, qui est maintenant hier, je pensais pouvoir me reposer un peu après la dose de vélo de dimanche, mais je rêvais. Lundi matin, Kai était un exemple parfait de zombie. Il n'avait pratiquement pas dormi de la nuit, n'avait plus de voix et tenait à peine debout. Je lui ai dit de se reposer et je l'ai remplacé pour la distribution de journaux, à vélo bien sûr. J'étais tellement inquiète pour lui que je me fichais bien de faire encore du vélo, mais quand je suis rentrée après une heure et demie, il allait mieux et était en yukata (les deux vont de pair). Nous sommes allés faire quelques photos dehors (devant Station) parce qu'il voulait montrer son obi fabuleux sur son blog de kimono. J'avoue que c'était assez drôle de me retrouver derrière l'appareil photo, j'ai pas l'habitude moi. Ca se voit, parce que je suis une mauvaise photographe, mais j'espère m'améliorer!

Aujourd'hui je suis retournée à l'hôtel de Haparanda pour parler à la directrice (et lui demander si elle avait besoin de personnel francophone, en l'occurrence mon humble personne). Manque de pot, non. Elle m'a quand même félicitée pour mon niveau en suédois après avoir entendu que j'avais pris des cours à l'université pendant un an en France. Annika, ma chère prof de suédois, je te dois un câlin. Encore un.
Je suis donc retournée à Arbetsförmedlingen pour paperasser et je suis tombée cette fois sur un employé qui, très content (et surpris) de voir que j'étais française, s'est mis à me parler français (comprendre: à bredouiller quelques mots avec un sacré accent, et en confondant avec l'espagnol une fois sur deux). Je ne me souviens pas que la paperasserie en France puisse être aussi drôle. En fait de paperasserie, tout a été fait sur ordinateur, je suis maintenant inscrite au Pôle Emploi suédois. Demain, je projette d'aller demander dans les écoles de Haparanda s'ils veulent engager quelqu'un sans qualifications mais qui parle le français, selon le monsieur qui m'a conseillée j'ai mes chances. Et puis j'ai vérifié, pas moyen d'apprendre le français dans les trois écoles dans lesquelles je veux aller postuler. Concurrence? Niet. Ah pardon, ça c'est du russe.
Pour l'instant je vais surtout fermer la fenêtre, parce que la météo prévoit une chute de température cette nuit, ça devrait descendre à 7°C. L'automne scandinave arrive...

Groar!

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